Une humiliation publique en plein jour de course
Ce n'est pas un incident isolé, ni un malentendu que l'on peut balayer d'un revers de main. Dimanche, plusieurs propriétaires figurant pourtant sur les listes officielles se sont heurtés à un dispositif de filtrage qui les a traités comme de simples spectateurs anonymes — pire, comme des indésirables. Retenus à l'entrée, certains ont attendu de longues minutes sous le soleil, sans explication, sans considération, pendant que leurs chevaux prenaient le départ sur la piste.
L'accès aux loges, un droit bafoué
La loge des propriétaires est leur espace. C'est là qu'ils suivent leurs chevaux, qu'ils accueillent leurs jockeys, leurs entraîneurs, leurs partenaires. Ce dimanche, ce droit élémentaire leur a été refusé ou rendu difficile par un système d'organisation défaillant dont ils portent seuls le coût moral. Pour ces hommes et ces femmes qui investissent des sommes considérables dans la filière équestre sénégalaise, le signal envoyé est cinglant : leur présence n'est pas considérée comme prioritaire sur leur propre terrain.
"Ce n'est pas la première fois" — un malaise profond
Dans les coulisses, la grogne est ancienne. Les propriétaires évoquent un manque de considération systémique : des décisions prises sans les consulter, des changements de programme tardifs, des conditions d'accueil qui ne reflètent pas leur statut de premiers acteurs de la filière. "Nous sommes les poumons de ce sport. Sans nos chevaux, il n'y a pas de course", confie l'un d'eux, visiblement blessé par l'incident du week-end.
Des mesures de riposte à l'étude
Face à ce qu'ils qualifient unanimement d'humiliation, les propriétaires concernés se sont réunis en marge de la journée pour définir une réponse à la hauteur de l'affront. Plusieurs pistes sont évoquées : une lettre ouverte adressée au CNG-CH, une demande d'audience officielle, et — mesure ultime si aucune suite n'est donnée — le retrait de leurs chevaux des prochaines journées. "Nous n'allons pas laisser passer ça sans réaction. Ce que nous avons vécu est inacceptable et nous attendons des excuses officielles et des garanties", martèle un propriétaire dont plusieurs chevaux figurent parmi les plus titrés de la saison.
Le CNG-CH interpellé
La balle est désormais dans le camp du Comité National de Gestion des Courses Hippiques. La filière traverse une saison remarquable — 59 courses, 108 millions de francs distribués — et ne peut se permettre une fracture entre ses institutions et ses acteurs privés. Les propriétaires demandent une réponse officielle, rapide et sincère. Sinon, le risque d'une escalade est réel.